07août 2018

Благовещенск Partie 1

Tiens donc, après du français, du japonais, du coréen et du chinois voilà donc un titre d'article en russe!

J'aurais dû poster cette série il y a bien longtemps comme les photos suivantes datent de juin 2017 mais bon ça a un peu trainé :-P

Blagovechtchensk (Благовещенск ou Blago pour les intimes) est une petite ville de 200'000 habitants située au nord-est de la Chine. A l'échelle de la Russie on peut dire que c'est "pas loin" de Vladivostok mais c'est juste pour donner une idée parce qu'il y a quand même 900 km entre les deux.


Je ne vais pas vraiment m'attarder sur la ville même; si vous souhaitez en savoir plus vous pouvez consulter l'article sur Wikipedia.

Cette destination peut surprendre (les douaniers compris, cf. plus bas), même si avec Tesso j'ai déjà mis la barre assez haut pour les destinations très touristiques :-P En fait c'est tout simple, il s'agit de la ville d'origine d'un ami qui vivait à Beijing et qui venait de rentrer. Donc j'ai profité de l'occasion pour lui rendre visite et découvrir la région!

Avant tout chose pour la Russie il faut faire son VISA. Dans le cas d'un voyage organisé par une agence avec séjour à l'hôtel c'est pas bien compliqué mais dans mon cas il y avait plusieurs interrogations comme je ne passais pas par une agence et ne restait pas à l'hôtel. Tout d'abord l’ambassade demandait le billet d'avion/train aller-retour entre la Chine et la Russie. Le problème c'est que le trajet le plus direct entre Beijing et Blago passe par un petit trajet d'une demie-heure en bateau entre la douane chinoise et celle russe. Du coup je n'avais pas ce billet, qui en plus n'est achetable que lorsque l'on possède déjà son visa. Cela n'a toutefois pas posé problème. Une fois la situation expliquée à l'ambassade ils m'ont dit que dans ce cas le billet d'avion entre Beijing et Heihe (la ville chinoise avec un aéroport la plus proche) suffisait. Autre document requis, la fameuse "lettre d'invitation". Ce document est en fait très simple à obtenir et c'est justement ça qui me paraissait bizarre quand je me renseignais sur internet. Au final je suis passé par RealRussia qui est agréé pour effectuer ce papier et dont les explications sont vraiment top en cas de questions. Il suffit d'entrer les informations de son séjour, d'effectuer le paiement et quelques minutes plus tard on reçoit le PDF à imprimer. Attention toutefois, selon les ambassades il faut donner l'original (que RealRussia peut envoyer) mais dans mon cas ils ont accepté celui imprimé.

Comme cela fait plus d'une année je ne me souviens plus de tous les détails mais, dans tous les cas, je recommande de passer à l'ambassade de Russie pour vérifier les documents nécessaires. La personne à l'acceuil était au point et sympa. Autre détail que j'ai appris en préparant ces documents, pour changer des RMB dans une devise étrangère en Chine, il faut prendre sa carte d'identité/passeport et s'attendre à devoir remplir un (long) formulaire...

Bref, VISA et roubles en poche, on peut enfin partir pour la Russie!
Vu qu'il n'y a pas d'aéroport international à Blago, l'itinéraire le plus direct consiste à faire en avion Beijing-Harbin, puis Harbin-Heihe. Le même trajet est aussi possible en train. Cela coûte moins cher train mais prend le double du temps.

L'aéroport de Harbin n'est pas très grand donc c'est facile de s'y retrouver:

Par contre quand on arrive à l'aéroport de Heihe on commence à sentir qu'on heum... s'éloigne dent1

Ces aéroports de campagne en Chine sont tout neufs et témoignent donc du récent développement. Parfois ils sont même encore plus que "neufs" ^^

Il faut aussi s'attendre à ce que ça soit un peu "vide" en dehors du départ/arrivée des 2-3 vols quotidiens:

Un bus relie l'aéroport à la douane chinoise de Heihe, Heihe étant la ville frontalière du côté chinois, mais mon ami m'a mis en contact avec un chauffeur local qui est venu me chercher à l'aéroport pour environ 70 RMB. Si par hasard ça intéresse quelqu'un j'ai toujours le contact. Très sympa.

Et enfin on voit la Russie!

En arrivant à la douane chinoise, je m'attendais un peu à avoir droit à des questions. Mais ça a été encore. L'officier était surtout captivé par mon passeport qu'il a bien pris le temps de montrer à ses collègues:

"Ah mais c'est joli! Et regarde Wang, un passeport suisse? T'as vu comment c'est joli? Zhang vient voir y'a un passeport suisse, t'as déjà vu? Ah c'est joli hein?"

Une fois cette contemplation de passeport passée, c'est le moment d'acheter le billet pour le fameux bateau qui circule entre les deux douanes. Petite astuce, parfois c'est plus avantageux de payer en yuan qu'en rouble (ou vice-versa) donc ça vaut la peine de demander le prix dans les deux. Et aussi d'avoir les deux devises avec soit dans le cas où une des deux "n'est pas acceptée". En fait il y a deux bateaux; celui opéré par les chinois, sur lequel vont les chinois et celui opéré par les russes où vont les russes. On m'a mis avec les russes.

Petit conseil, certains locaux ne voulant pas perdre de temps à l'arrivée, c'est mieux de les laisser passer. Surtout que de toute manière avec un passeport autre que chinois et russe vous risquez de passer un "certain" temps à l'immigration:

Me voilà pied à terre, je suis le groupe pour passer l'immigration et une quinzaine de minutes plus tard la petite "porte" pour le guichet devant lequel j'attendais passe au vert. Sans surprise, je ne comprends pas ce que la personne me demande et elle ne parle pas anglais mais me montre une carte d'immigration qu'évidemment je n'avais pas. J'avoue que je n'avais pas non plus cherché partout du côté chinois ou sur le bateau, mais en tout cas s'il y en avait elles étaient bien cachées.

Bref elle me demande de me reculer et de je sais pas quoi "tchut-tchut". Je savais que "tchut-tchut" signifie "un peu", donc j'ai conclu qu'elle voulait que j'attende là un moment. Effectivement, après quelques instants elle est revenu avec mon passeport et m'a demandé de continuer à "tchut-tchut" pendant qu'elle s'occupait d'autres personnes. Donc j'attends et après quelques instants un homme vient me parler en anglais. Certaines questions m'ont un peu surpris vu qu'il était habillé en civile alors que tout le monde était en uniforme. La personne dans le guichet elle remettait d'ailleurs avec soin son chapeau à chaque fois qu'elle sortait de sa petite cabine. Mais il s'est présenté comme étant un des responsables de la douane et après quelques questions il m'a dit d'attendre "tchut-tchut" la carte d'immigration qu'un autre officier (avec un joli chapeau comme le général Ourumov dans Goldeneye) m'a amenée en m'expliquant qu'une fois remplie il voulait que j'aille dans son bureau pour "parler". Ça me dérangeait pas de parler mais je sentais venir un coup foireux vu certaines histoires que mon pote m'avait raconté. Bref, je commence à remplir la carte d'immigration qui, évidemment était entièrement en russe. Heureusement, j'avais prévu le coup et pris un exemple d'une carte remplie avec moi:

Par contre j'étais pas sûr pour l'adresse et donc je suis allé au guichet me renseigner. On m'a indiqué l'adresse en russe sur la lettre d'invitation (celle de RealRussia). J'ai alors demandé si on pouvait m'aider à l'écrire mais non je devais le faire moi-même. Bref après le quart d'heure "moine copiste", j'ai réalisé que j'étais la dernière personne dans l'immigration et je suis retourné vers le guichet. Au passage j'ai aperçu mon ami derrière la fenêtre qui faisait des grands gestes pour me demander ce qu'il se passait. Je lui ai fais signe de tchut-tchuter vu qu'apparemment c'était une tradition locale. J'ai essayé de faire comprendre à la personne que mon ami était là et donc ça pouvait être plus simple s'il venait mais elle m'a demandé de nouveau me reculer pour attendre. Donc je tchut-tchute un instant et l'officier au joli chapeau est revenu me chercher pour m'amener dans le fameux "bureau". Enfin c'était un bureau à la décoration très "épurée" dira-t'on. Un autre officier en civile (probablement du FSB ?) m'y attendait pour me poser des questions en russe pendant qu'une interprète faisait la traduction. Je vous épargne les détails parce qu'on est resté une bonne demie-heure. Y'a juste le moment où il m'a demandé si j'avais Facebook et que j'ai dit non, puis Instagram? ou Twitter? Non plus. Là ils ont eu un doute mais j'ai expliqué que je ne voyais aucun intérêt à utiliser ces réseaux sociaux et j'ai profité de l'occasion pour leur parler de Sakatland.com; peut-être que depuis ils passent régulièrement sur ce blog? ;-)

Bref, finalement ils m'ont remercié, m'ont reconduit au portique d'immigration où j'ai dû encore attendre "tchut-tchut" avant de pouvoir enfin passer. En tout la procédure a duré 1h-1h30 je pense mais mon ami m'avait prévenu dont je m'y attendais un peu. Et il faut avouer que durant cette longue procédure tout le monde a été très cordial. A la fin je voulais prendre un selfie avec eux mais j'ai préféré éviter de demander dent1

Et enfin me voilà de l'autre côté du fleuve Amour ! (ou Heilongjiang, selon le coté où on se trouve)

Tout ça m'a donné soif donc on s'est dirigé vers l'oasis le plus proche. Le concept c'est pas vraiment un bar, c'est pas non plus un supermarché. On a un large choix de bière fraîche, on indique si on veut 5 dl, 1l ou plus et la personne rempli directement une bouteille en pet depuis le fût pour prendre à l'emporter.

Ce genre de heu... bièremarchés? sont un peu partout et on y trouve de très très bonnes bières locales. Il y a juste un problème c'est qu'on ne sait pas vraiment de quand la bière date. Pas de risque pour la santé mais le goût varie beaucoup et les employés ne sont pas toujours très explicites. Donc c'est un peu une loterie, une fois une bière est très bonne car le fût vient d'être ouvert et la fois suivante quand on repasse ça date de la veille. Par contre c'est possible de demander pour goûter avant.

Vu qu'on est sur le sujet de la bière, autant couvrir directement le chapitre éthylique. Comme les bières locales sont vraiment bonnes, on ne boit pas tant de vodka même s'il y a pas mal de choix:

Il y a aussi un vaste choix de nastoyka; sorte de liqueurs de fruits et herbes

Sinon je ne sais pas si c'est partout pareil en Russie mais à Blago on m'a beaucoup parlé des vins de Crimée. J'en ai pas goûté donc je ne vais pas me prononcer mais ça semble un peu être un effet de mode. A la place on a plutôt goûté des vins de Géorgie:

Mais ça ne vaut pas un Cornalin :-P

On m'a aussi fait goûté cette incroyable bouteille nord-coréenne:

C'était juste ignoble, vraiment dégueux.

Blago est une petite ville sympa mais, comme déjà dit, il n'y a pas beaucoup de choses à visiter. La cathédrale de l'Annonciation vaut quand même le détour:

Il y avait un petit festival sino-russe mais on ne s'y est pas attardé:

J'ai trouvé une vidéo très sympa de la ville filmée avec un drone. Je vous laisse découvrir cela:



Bon, c'est pas tout mais il commence à se faire tard et comme demain on doit encore aller m'enregistrer mieux vaut arriver en avance s'ils décident de nous faire tchu-tchuter de nouveau :-P

Bonne semaine!

Nico

2 commentaires

1. Le jeudi, août 9 2018, 16:45 par kitetkat

J'en stresse encore (de ton passage à la douane)

2. Le jeudi, août 9 2018, 20:54 par Sakat

Bah pourquoi? Ça se comprend en même temps et comme j'ai dit, tout le monde a été très sympa. Certains douaniers suisses pourraient s'en inspirer...

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